Maison passive

Actualités maison

Copier les termites pour une climatisation naturelle

Copier les termites pour une climatisation naturelle, c'est ce qu'a réalisé l'architecte Michael (...) Lire la suite

Très bon numéro d'Architecture Bois - N°75 - août-sept. 2016

A lire Architecture Bois... N°75, août-sept. 2016 avec de beaux exemples de maisons en bois à 100 (...) Lire la suite

Une charte construction durable à Bordeaux

Une charte, guide de construction durable a été établie à Bordeaux. Une excellente initiative qui (...) Lire la suite

Voir toutes les actualités




Maison passive  Envoyer

Après le concept des maisons bioclimatiques, celui de la maison passive pousse la logique des économies d’énergie à son maximum pour arriver à obtenir un bâtiment "passif" dont le but est de chauffer par l'air, c'est-à-dire sans système indépendant de chauffage. On les appelle d'ailleurs souvent des "maisons sans chauffage".

Le concept de la maison passive est issu de longues années de recherches essentiellement européennes qui ont visé à réduire au maximum la consommation d'énergie à la maison, tout en maintenant un grand confort d'habitation et cela de manière économiquement justifiable. La maison passive est ainsi un habitat "très basse consommation". Ce concept né en Allemagne dans les années 90 se développe depuis plusieurs années dans de nombreux pays européens (Allemagne et Autriche principalement). Il vise à réduire la consommation d’énergie (essentiellement chauffage) d’au moins 90% par rapport au parc existant et de 75% par rapport aux constructions neuves actuelles (RT2005). Les bâtiments obtenus sont très confortables et bénéficient d’un climat intérieur sain, car l'air y est constamment renouvelé. La technique est maintenant "au point" et permet d'envisager sereinement l'avenir.

Les caractéristiques

Pour obtenir un habitat très basse consommation, plusieurs principes sont mis en oeuvre : tout d’abord la maison passive est conçue selon une architecture particulière alliant compacité du bâtiment, orientation choisie en fonction du soleil et des vents dominants, exploitation maximum du solaire passif. Cette architecture qui reprend et amplifie celle de la maison bioclimatique est associée à une isolation optimale du bâti. Cette isolation se caractérise par le choix des matériaux de construction, une isolation par l’extérieur, des fenêtres performantes, une étanchéité parfaite à l’air, une absence de ponts thermiques. L’énergie dégagée par les habitants et les appareils électriques est ainsi mise à profit pour faire baisser encore la consommation d’énergie globale. 

Dans la pratique, une maison passive repose sur 7 principes de construction codifiés :

  • Isolation renforcée des parois : c'est la première évidence. On renforce considérablement l'isolation des murs, toitures et dalles pour éviter les pertes thermiques. Souvent l'isolation extérieure est privilégiée, car elle permet entre autre de protéger la structure de la construction.
  • Fenêtres "chaudes" : c'est la suite logique après avoir isolé les parois. A système constructif équivalent, les fenêtres perdent 6 fois plus d'énergie qu'une paroi opaque. En plus les fenêtres permettent de bénéficier de l'apport gratuit des calories du soleil. Alors on leur réserve un traitement tout particulier. Souvent, on utilise du triple vitrage car il est adapté à la construction passive sous nos climats. On parle de fenêtres chaudes, car le triple vitrage possède la particularité, quelle que soit la température intérieure, d'avoir une vitre intérieure à la même température que la pièce dans laquelle elle est située.
  • Suppression des ponts thermiques : les ponts thermiques, c'est de l'énergie inutilement gaspillée. De plus, pour obtenir les performances des "maisons passives", il faut s'astreindre à les éradiquer.
  • Ventilation et récupération de la chaleur : les ventilations mécaniques double flux à récupération de chaleur permettent de récupérer jusqu'à 90% de la chaleur contenue dans l'air vicié sortant pour la transmettre à l'air neuf entrant. L'utilisation d'une VMC double flux à récupération de chaleur est extrêmement rentable, car il permet de garder dans la maison une grande quantité d'énergie qui sans cela se serait échappée en ventilant la maison.
  • Etanchéité à l'air : corolaire de l'utilisation d'une ventilation double flux, c'est l'étanchéité à l'air des bâtiments : si l'air rentre et sort n'importe où, ce n'est pas la peine de faire l'achat d'une VMC double flux ! Il y aura trop d'air "parasite" pour qu'elle fonctionne correctement.
  • Une orientation solaire privilégiée : les rayons du soleil sont gratuits. En passant à travers la vitre, ils se transforment en chaleur. Autant en profiter l'hiver. Mais attention à bien protéger le bâtiment des rayons du soleil l'été !
  • L'utilisation d'appareils peu gourmands en énergie : l'électroménager consomme beaucoup d'énergie et rejette beaucoup de chaleur. Si l'on veut maîtriser cela, les appareils de classe A sont indispensables.

 

Actuellement, le concept de la maison passive fait peu à peu son chemin. Le principal frein reste le coût de la construction entre 5 à 15% plus cher qu’une maison traditionnelle. Plusieurs milliers de maisons et bâtiments passifs ont pourtant été construits à travers l’Europe, principalement en Allemagne (plus de 5000), en Autriche (plus de 3000), en Suisse et en Suède. Dans ces pays où le concept est le plus exploité et le plus suivi d’effet en nombre de constructions, des normes ont vu le jour. Il s’agit notamment en Suisse du label Minergie-P et en Allemagne du label Passivhaus. Ces deux normes imposent une consommation d’énergie annuelle pour le chauffage d’un habitat très basse consommation inférieur à 15 kWh/m²/an. A titre indicatif, les mêmes besoins pour une maison construite selon la RT 2005 en France se situent autour de 80 kWh/m²/an et ceux d’une maison d’avant la 1ère RT de 1975 dépassent souvent les 200 kWh/m²/an !